mercredi 16 janvier 2008

Emily

Il y a longtemps, bien longtemps (vingt ans, déjà! Seigneur...), dans un pays bien lointain (Le Creusot), la seule amie de classe que j'avais conservée et qui, curieuse de tout me faisait découvrir Stéphan Eicher et Hugo Pratt, suivait une bande d'artistes argentins chez un écrivain local.

A Noël, Mamamanàmoi consultait le catalogue de la Procure pour me faire cadeau d'une nouveauté. Et voici comment j'ai enfin découvert Christian Bobin.

bobin_dame_blanche

Nananan, il ne s'agit pas de recette de cuisine, mais d'une évocation de la vie d'Emily Dickinson. Comme pour l'auteur, j'en avais entendu parler, mais sans avoir encore la curiosité d'aller plus loin. A peine avais-je reconnu ce nom sur No promises de Carla Bruni. Très méfiante envers les biographies d'écrivains par un écrivain, depuis une déception causée par la Marie Stuart de Stefen Zweig.

Et puis un sujet pas facile facile.

(Grand Chéri : "et ça parle de quoi?".
Moi : "Ben... c'est un écrivain qui évoque la vie d'une poétesse américaine du XIX° siècle..." 
Pas vendeur, pour un lecteur de polars...)

Et ça donne quoi? Et bien c'est beau, c'est bouleversant de beauté. C'est un chant, un rythme, une langue qui m'introduit dans un monde à part, nouveau, poésie parlant de poésie, et qui me donne envie de découvrir directement Emily.

Wild Nights! Wild Nights!
Were I with thee,
Wild Nights should be
Our luxury!

Futile the winds
To a heart in port, --
Done with the compass,
Done with the chart!

Rowing in Eden!
Ah! the sea!
Might I but moor
To-night in Thee!

DICKINSON_photo

IF you were coming in the fall,


Carla Bruni - If you were coming in the
envoyé par naiverecords

I ’d brush the summer by
With half a smile and half a spurn,
As housewives do a fly.
 
If I could see you in a year,        
I ’d wind the months in balls,
And put them each in separate drawers,
Until their time befalls.
 
If only centuries delayed,
I ’d count them on my hand,        
Subtracting till my fingers dropped
Into Van Diemen’s land.
 
If certain, when this life was out,
That yours and mine should be,
I ’d toss it yonder like a rind,        
And taste eternity.
 
But now, all ignorant of the length
Of time’s uncertain wing,
It goads me, like the goblin bee,
That will not state its sting

Je conçois bien que c'est irrémédiablement pas sexy comme critique, mais je ne vais pas vous pomper la quatrième de couverture, je n'ai pas d'idées, mais j'ai ma dignité...

Posté par dojam à 08:16 - - Commentaires [2] - Permalien [#]


Commentaires sur Emily

    c'est encore moins irrémédiablement sexy pour ceux qui en plus ne comprennent pas l'anglais
    (et puis comment dire, depuis certaines de ces fréquentations, mon attirance pour carla a singulièrement décru)

    Posté par tirui, vendredi 18 janvier 2008 à 00:31 | | Répondre
  • Bonjour à toi !

    ça fait vraiment plaisir de voir quelqu'un qui apprécie Bobin... je suis très sensible à sa prose si poétique, à la profondeur de ses mots...

    Quant- à Emily Dickinson, elle me touche profondément aussi...

    Je m'aperçois que nous avons de nombreux goûts communs, je reviendrai car, étant nouvelle, je découvre...et j'espère ta visite...

    Bisou
    Servanne

    Posté par servanne, mardi 4 mars 2008 à 14:25 | | Répondre
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