jeudi 29 mars 2007
Hers' Valley's blues
Plusieurs recherches Googles sont arrivées chez moi via des recherches géographiques: "Chalabre" "Le Peyrat" "Mireval" "Ariège".
C'est le pays de mon père.
Mes grands-parents étaient tous deux natifs de La Bastide sur l'Hers. Elle, la fille du gros paysan devenu maquignon, qui avait la deuxième grosse maison sur la place du village. Lui, le fils d'artisan, parti au service militaire au Maroc, puis à la guerre, revenu médaillé, sergent (et entier!), devenu employé aux contributions indirectes. Et qui, en 1921, avait moins de concurrence à affronter pour épouser celle qui devait être un des plus beaux partis du village. Après, bien sûr, les filles des propriétaires des usines textile et de corne (mais elles, c'étaient des protestantes, c'est un des rares vilages d'Ariège à avoir un temple), du médecin, aussi, il devait forcément y en avoir.
Dans sa carrière de fonctionnaire, mon grand'père a beaucoup bougé, surtout pour l'époque: Chalabre dans l'Aude, (juste de l'autre côté de cette petite rivière de l'Hers), Saint-Etienne, Agde, puis Lavelanet.
J'ai passé des vacances dans la maison de La Bastide, vieille maison dont les fondations remontent très loin. Je n'ai aucune idée de la date, mais au pifomètre, c'est vieux (ça, c'est de la méthode historique, non?). Je ne peux même pas vous montrer une image de la structure du village Google earth ne marche pas avec Windows 98! Sachez seulement que la maison familiale fait un L qui entoure une placette avec un puits. De l'autre côté de la placette, un autre bloc de maisons et l'église. Deux ruelles permettent de sortir. Des micro-ruelles qui laissaient à peine passer une charette de foin, et difficilement une Berliet 1936 (mon Bon Papa devait être un dieu de la manoeuvre automobile). Si c'est pas un souvenir ancien de village fortifié, qu'est-ce que c'est? Si un historien local tombe sur ce billet, qu'il fasse signe (siouplé! siouplé!).
J'ai d'abord conservé la maison quand j'en ai hérité, puis me suis décidée à la vendre. Ca a été brutal, j'aurais pu mieux gérer ça (en particulier ne pas me débarrasser des vieux draps de lin...), il a fallu cautériser à vif, et je crois aujourd'hui que la cicatrice m'en démange encore parfois. Je compense en m'abonnant à Ariègenews, à Histariège. Ce qui est parfaitement ridicule. C'est une mémoire affective et radicicole complètement fabriquée. En plus, la maison n'est dans la famille que depuis 1910 environ, ce qui est peanuts par rapport à vraie maison familiale, vu qu'à la Révolution française on y était déjà, et que mon oncle y habite.
Pour aller avec le côté "blues", il aurait fallu que je vous trouve des airs folkloriques ariégeois (que je n'ai jamais entendu, faut pas pousser...). J'ai préféré un autre type de blues, mais ô combien universel...
dimanche 21 janvier 2007
Les grands migrations (ou presque !)
Il y a des recherches généalogiques simples. Le généalogiste amateur réside dans le département de résidence, de naissanc eet de décès de ses parents et de tous ces ancêtres. Configuration idéale: il habite dans la préfecture, en face des Archives Départementales. Fantasme absolu: il est Archiviste en Chef et travaille aux Archives, et peut y aller la nuit quand tout est fermé...
De mon côté, c’est assez simple.
Tous les ancêtres de mon père sont ariégeois. Mais attention ! D’Ariège orientale, à l’orée de l’Aude. Enfin, le tout dans un rayon de 20 km (Chalabre – Mirepoix - Lavelanet), mais si on cherche de la doc, on ne sait pas s’il faut la chercher en Midi-Pyrénées ou en Languedoc-Roussillon. Mon oncle a rénové la maison historique à Mireval, à côté du Peyrat (prononcer « peilleratte » pour ceux qui parlent d’oil) : dans la famille de ma grand’mère depuis au moins la Révolution Française. Avant, on ne sait pas encore. Paysans, artisans au XIX°. Les ancêtres de mon grand'père sont venus du village de Pradettes à La Bastide sur l'Hers, via Lavelanet (le lien est là en attendant que je fasse une belle carte). Une branche est partie en Algérie.
Du côté maternel, les ancêtres sont descendus de la montagne (en chantant, ohé !), de Valloire en Savoie. Un cousin très éloigné est remonté jusqu’au XIII°-XIV°, il a carrément écrit un livre, mais je ne me le suis pas encore procuré (à faire...). Ils ont colonisé Lyon et ses environs. Grande gloire familiale, un quai de la Saône porte le patronyme ! Mais la gloire n’est pas en ligne directe, c’est celle d’un cousin. Une de mes arrières-grands-mères était issue d’une famille de petite noblesse du Vercors, et du coup j’ai un arbre qui remonte à l’an Mil. Je trouve que c’est très chic, j’ai appris ça récemment. Un curé du XIX a mené des recherches, donc ça DOIT être vrai. (voir cousine Sandrine). Bon, en tant qu’historienne, j’émets de gros doutes tant que je n’ai pas vérifié les sources… Le passage en Algérie a été plus rapide et récent (1921-1954).
Du côté de Grand Chéri, c’est limite les grandes migrations. J’exagère un chouaïa parce qu’ils sont restés dans un Lebensraum relativement régional. Touraine – Orléanais –– Limousin – Poitou. Poitou un peu à part, vu que sa Maman est une pure poitevine. Et les mouvements de population ont eu lieu tardivement, fin XIX°-début XX°. Une grand'mère Orléanaise, de Rebréchien très exactement, un lieu où on faisait du vin apprécié de nos rois, paraît-il, maintenant c'est la banlieue. Des Tourangeaux, de Ballan, Bléré, La Croix-en-Touraine. Et un arrière grand-père venu du Limousin.
Et avec ça, nous avons l’un et l’autre du sang francilien, mais ça, ça reste bien mystérieux, je n’ai pas grand-chose dessus. Ca va devenir le mythe de la parisienne (ou Seine-et-Marnaise) qui suit son époux en province. Mais que venaient faire ces jeunes gens si loin de leur terroir?
Voici les grandes lignes. Tiens, si par hasard un prof d'histoire-géo me lit, où pourrais-je trouver une carte de France vierge, et comment y indiquer ces lieux?
mercredi 17 janvier 2007
Un rapport au temps particulier
Mes parents m’ont eue tardivement. Du coup, j’ai 33 ans, mes parents sont nés dans les 20’s, trois de mes grands-parents en 1900, le 4° (je ne l’ai pas connu) en 1890, et a fait la guerre de 14, un de mes arrières-grands-pères est né en 1840 !
Mon ami a connu ses deux arrières-grands-mères et un arrière-grand-père! Mon fils (et pourtant, on ne s’est pas pressés !) en a connu deux, malheureusement, l’une d’elle nous a quittés récemment.
Evidemment, dans la famille, nous jouons des générations ! Mon frère a pile 20 ans de plus que moi, la sœur de Grand Chéri 12 ans de moins que lui. Petit Chéri a une tante de 57 ans (la femme de mon frère) et une de 22 ans (la sœur de mon ami). Et des cousins germains de (bientôt) 26 et 25 ans.
Finalement, cette jonglerie oblige à bien comprendre le lien de parenté ! Mais je sens que je vais devoir fabriquer un beau grand arbre généalogique à Petit Chéri pour qu’il s’y retrouve.
Ainsi, j’ai le souvenir d’un récit de la Grande Guerre par ma grand’mère maternelle (j’avais 10 ans), témoins direct des conditions de vie des civils, et me transmettant les récits de son père à elle. La cassette doit encore être quelque part à la maison. Quand je devrai la vider (Dieu m’épargne le plus longtemps possible !), il faudra que j’écoute TOUTES les cassettes, pour la retrouver, c’est un document précieux. Hier, j'entendais qu'un des derniers poilus (il ne devait pas l'être bzeaucoup à l'époque, un gamin!) est mort. Il ne sont plus que trois.
Je me rends compte de la prégnance de la guerre, des guerres dans le destin, l’histoire familiale, la peur de manquer et les principes d’économie (« faire des neuveries avec des vieilleries », disait une institutrice de ma grand-mère). Le détour par l'Algérie de mes grands parents maternels, privés d'aller au lycée. Le fait que mes grands parents paternels aient pu se marier...
Tout cela a dû jouer sur mon rapport à l'histoire...
jeudi 11 janvier 2007
Généalogiste intermittente
Je suis tombée là-dedans il y a déjà longtemps. Presque 15 ans. Je crois me souvenir que ma coturne Choupette était rentrée un jour avec des fiches d'ascendance (le de cujus, 2 parents, 4 grands-parents), et j'avais commencé à m'y intéresser. Demander à mon père, écrire aux mairies. A mon père, parce que je savais que du coté maternel, un grand-oncle avait établi notre arbre généalogique depuis le XVII° siècle. La recherche était déjà faite, aucun intérêt. Le côté paternel, en revanche, était en friche. J'ai commencé à recevoir quelques données. Lors de vacances de Pâques en Ariège, mes parents et moi avions squatté les archives départementales (première fois que je mettais les pieds dans ce genre de lieu!), copié des registres, cherché un peu à tort et à travers... et remonté au XVIII° en droite ligne. Le problème, c'est que les archives ariégeoises ont brûlé, par lors d'une révolte révolutionnaire, mais lors d'un incendie criminel, pour une sombre hisoire de propriété terrienne. Donc, y'a des trous. Et tant que je ne passerai pas au crible les documents notariés, les contrats de main d'oeuvre, la police, les registres de commerce etc..., je n'avancerai pas dans cette voie.
Du coup j'ai laissé ces recherches de côté, mais j'en ai gardé le goût. D'autant qu'entre temps je me suis mise à étudier l'Histoire, et que ça m'a donné des outils, une visions d'ensemble, une méthode.
Le père de mon ex étant orphelin très jeune, bien qu'élevé au sein de sa famille, français d'origine suisse, avait une relation douloureuse à son histoire familiale, qu'il ne connaissait pas au-delà du début du XX° siècle. quelques mois en Suisse m'ont permis de filer aux Archives de Neuchâtel remonter d'un siècle... et découvrir que les ancêtres des ancêtres suisses... étaient Français!
D'un homme, d'une famille à l'autre... mon Grand Chéri vient d'un terroir complètement différent, et bien exotique (hi hi), avec des souvenirs jusqu'au début du XX° siècle. J'ai eu envie d'en savoir plus, surtout quand on a su qu'un Petit Chéri se préparait. C'était son l'histoire, maintenant.
Et pour boucler la boucle... ma Môman ayant eu un pépin de santé l'an dernier, j'ai passé plus de temps juste avec elle, et suis repartie avec des papiers de famille, et la ferme intention d'en faire quelque chose.
Un grand merci à tous les employés d'état-civil municipaux, ou des archives départementales, qui m'ont répondu, fait des photocopies, voire des recherches, alors que ce n'est pas leur travail et que ça leur est même interdit (hein Mme l'ArchiChef?)! Mais sans eux, je n'aurais pas beaucoup avancé!
Heureusement aussi que Généanet et Genweb existent! Et Google! Grâce aux trois G, j'ai appris plein de choses, trouvé des cousins éloignés (et rencontré en real life), échangé...
Mes projets :
Répondre à tous mes correspondants
Editer des papiers familiaux : lettres sorties de Paris par ballon (siège de 1870), cahiers de randonnées de mon grand père (vers 1920).
Remettre mon ordinateur en marche et récupérer toutes mes données perdues.
Faire le premier arbre de Petit Chéri, avec des photos pour qu'il s'y retrouve.
Acheter les livres qui concernent l'histoire de la famille.
Demander aux membres de la famille proche s'ils ont des papiers de famille.
Convaincre mon oncle ariégeois de se passionner assez pour aller faire des recherches à ma place aux Archives Départementales de Foix.
Gagner au loto, pour pouvoir y passer mes journées...








