jeudi 11 septembre 2008
Veni, vidi, risi
L'autre jour je débarqe chez une amie en congé mater pour une sortie de filles. A deux, le coiffeur c'est mieux, si on poiraute, on peut papoter. Et après une pizza achetée dans la rue, dire qu'on achetait déjà ces pizzas y'a vingt ans, ça me déprime. 
Fin bref, je ne voulais pas parler de pizza, mais de lecture. Car ma copine lisait l'histoire romaine de Le Glay, université du temps libre aidant. Et comme nous sommes relativement synchrones, je viens d'achever celle de Jerphagnon. Je ne compte ab-so-lu-ment pas me taper le Le Glay pour faire un comparatif, d'autant que je suis enchantée de mon bouquin à moi.
Et pourquoi la romaine chez une médiéviste à peine latiniste? Parce que des copains, me vantaient les mérites de leurs séries fétiches (oui je vis au fond d'un terrier, heureusement qu'il y a les amis pour me sortir un peu). Dont Rome.
On nous prête la saison 1, en anglais non sous titré, visionné sur le portable de Grand Chéri, le son super bas (on ignore encore pourquoi?). Nous avons passé cet été des soirées allongés sur le lit et le ventre nez collé à l'ordi, partageant les écouteurs, concentrés sur les subtilités de la lutte entre sénateurs, chevaliers et plèbe. La vache. Dans ces conditions, notre empressement commun à trouver la saison 2 (en doublé et sous titré, faut pas pousser non plus) témoigne de la grande qualité de la série.
Evidemment, mon ignorance, en plus de me faire honte parce que je suis censée avoir étudié ça, n'aidait pas à la compréhension des enjeux. Devant les rayonnages de la librairie, je me suis souvenue d'un nom bizarre lu dans un article laudateur de l'histoire. Jerphagnon. Le volume est suffisemment épais pour promettre plus qu'un petit guide historique, assez compact pour en venir à bout, un bon point. Aux première lignes j'apprécie, le mec sait écrire. Vraiment bien. Au bout de la page, je me marre. Vraiment. Un vrai talent comique. Le prof selon mon coeur: synthétique, clair, pourchassant l'anachronisme mais n'hésitant pas à établir des analogies avec l'époque contemporaine afin de mieux faire comprendre.
Le bonheur.
J'aurais jamais cru ça d'un ouvrage de romaine.
Maintenant, je suggère à M. Jerphagnon d'éclairer mon ignorance en se penchant sur
- une histoire de la Révolution française et de l'Empire
- une histoire de l'Afrique
- une histoire du monde grec antique
- une histoire de l'Amérique latine fin XVIII°-début XX°
- une histoire des Balkans XX°-XXI°
- une introduction à la philosophie pour les réfractaires 
Pis je vais chercher un peu, mais je dois bien avoir plein d'idées de périodes particulièrement pas fun sur lesquelles j'aimerais bien trouver le même genre d'ouvrage. Drôles, surtout.
En attendant, je me suis mise à la philosophie antique (si! moi!):
mercredi 27 février 2008
Test
Oyez, oyez, amis historiens, historiennes, instituteurs, institutrices (merde non, PE, pardon, pardon), ou ceusses qui ont marché sur ces brisées à un moment ou à un autre... Ou parents d'un élève de CM2.
Avons-nous le niveau CM2 en histoire?
Le Figaro a mis en ligne un petit test. En plus c'est un QCM. Trop facile.
Ben j'ai eu que 19/20.
Et je sais pas où j'ai fait l'erreur.
Je vais jamais m'en remettre...
Testez, testez, et indiquez-moi vos résultats, qu'on rigole que ça me console...
Photo piquée sur le site Herodote.net auquel elle est reliée, cliquez dessus pour voir. Ils indiquent juste qu'il s'agit d'une plaque de reliure du IX° mais nackache pour les droits...
Et soyez beaux joueurs...
Parce que faire le test et me dire vos résultats en douce, ça vaut pas!!! (je ne cite encore personne, mais ça pourrait venir...)
mardi 31 juillet 2007
Y'a pas que Venise dans la vie!
Nous aussi, on a notre cathédrale entre terre et mer, au fond de la lagune. Non, vous avez bien suivi, je ne suis pas au Mont-St Michel (j'aimerais bien, mais ce sera pour une prochaine fois...).
A l'heure où vous lisez ces lignes, si je n'y ai pas encore trainé Grand Chéri ça ne saurait tarder...
A Maguelone.
Si vous ne connaissez pas, allez donc voir là, là et là...
Aaaaaaaaaaaaaaaaah, des vieilles pierres, je piaffe, ça fait un an que j'attendais ça...
Et vous, vous aimez les vieilles pierres?
mercredi 25 juillet 2007
US welcome!
Une petite boisson chaude avant de me remettre à la préparation des valises (maillots checked, casquettes cheked, serviettes checked, shorts checked, débardeurs checked - tiens c'est bizarre, ils sont tous propres et parfaitement repassés, je n'ai pas eu l'occasion de les mettre...).
A part ça, je n'ai rien à dire (dans moins de 48 heures je suis en vacaaaaaaaaaaances!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), je vous laisse donc un petit cadeau, une perle dégottée par Grand Chéri.
Comme les GI's débarquant au Japon avaient comme vademecum le Chrysenthème et le sabre de Ruth Benedict (absolument pas spécialiste du Japon mais grande anthropologue quand même), les nôtres, enfin ceusse qui ont libéré la France ont eu un petit livret de survie face aux Français (je serai curieuse de savoir ce qu'ils ont, ceux qui s'amusent en Irak actuellement). De survie, et d'explications. D'arrondissage d'angles.
Avec les lieux communs les plus ... communs: les Français ne se lavent pas, sont paresseux, hypocrites, froids, ils s'embrassent devant tout le monde...
C'est très mignon (mais en VO) et c'est là. Régalez-vous...
En plus je me file bonne conscience, j'utilise ma catégorie "Histoire & art", bien bien négligée... Petit projet des vacances: éditer des papiers de famille: lettres ayant quitté Paris en ballon pendant le siège de 1871 et récit de randonnées très Tour de France par deux enfants de mon grand père (1916-1921)
samedi 5 mai 2007
La minute culturelle de Mme Cyclopède
Mondemo m'a posé la question, je vais y répondre.
Il y a bien longtemps, dans ma Vie Antérieure, quand j'ai débarqué de ma province en prépa parisienne, le
programme d'histoire portait sur 1840-1940 en France. J'ai découvert une période passionnante, que j'étais censée étudier au lycée, mais qui c'était alors résumée aux deux guerres et aux relations internationales. Donc, sujet sur l'industrialisation française. Donc, M. Raffaelli (je peux citer son nom, je ne dirai que du bien de lui!) nous parle des "Schnèdre" du Creusot. Et moi, légitimée par mon enfance creusotine, j'ouvre ma grande gueule (personne ne m'avait expliqué qu'on ne contredit pas un prof ?) : "Monsieur, on dit "Schnédèr" "(pas "Schneilledère" à l'allemande, quand même).
Blanc.
On me regarde. Quelques élèves initiés boursicoteurs parisiens fayotteurs cultivés murmurent.
M. Raffaelli et moi arguons, je lui sors mes références, et nous en concluons qu'à Paris et au Creusot on prononce différemment (péquenote? moi? noooon!).
Rentrée à la maison pour les vacances je raconte à mes parents ma surprise de voir cet homme charmant, brillant, pédagogue, aussi ignorant et de mauvaise foi sur un sujet fondamental.
Et là, Monpapaamoi m'apprend qu'à Paris, en Bourse, entre gens civilisés, on dit "Schnèdre".
Et là, je pense que je ne pourrai pas revenir en classe à la rentrée.
La honte.
Et il m'a fallu attendre quelques années pour retrouver le même programme et connaître enfin le fin mot de l'histoire. D'ailleurs je vous sens passionnés, là, le teasing est insupportable et j'ai au moins triplé mon lectorat.
Je résume.
Donc la famille Schneider a suivi un parcours géographique et onomastique intéressant. Ils sont partis d'Allemagne ("Schneilledère", donc), se sont posés en brièvement en Lorraine, installés au Creusot (et sont devenus "Schnédère"). Rapidement, une carrière politique les a amenés à Paris, les loisirs en Sologne, l'industrie les retenant au Creusot. Après la guerre de 1870, quand les Prussiens nous ont pris l'Alsace et la Lorraine, et accessoirement les usine Wendel, qu'il ne restait plus à la France que le Creusot (heureusement que la Bourgogne est stratégiquement placée loin de la frontière) comme pôle sidérurgique, un nom à consonnance allemande faisait subitement moins glamour. Ah bon?
Clin d'oeil : Dans La Recherche du Temps Perdu (ne me demandez pas quel tome, hein, j'ai oublié. Allez hop, allez chercher par vous même!), Proust fait subir la même chose à Swann, que nous prononçons tous à l'anglaise, très dandy, très chic, et qui se prononçait d'abord comme le nom d'un petit juif allemand...
Clin d'oeil 2 : Quand l'activité Schneider a été revendue aux américains, vous imaginez bien qu'ils ont eu du mal à comprendre comment "Schneider" se prononçait "Schnèdre". Imbitable. Donc, maintenant tout le monde dit "Schnédère électric'". La boucle est bouclée.
Clin d'oeil 3 : aux Creusotins. Et à leur prononciation spéciale... termes techniques : les rails là-bas sont des "reilles". La prononciation des ouvriers anglais venus les poser (vers 1850 à vue de nez, tout de même!) est restée! Et mes parents, fraîchement débarqués, se réjouissaint d'entendre sur le marché crier les prix ridiculement bas pour des "treuffes"! Imaginez leur déception quand ils ont vu qu'il s'agissait de bêtes
pommes de terre.
Clin d'oeil 4 : au Creusot. J'ai été conçue au château de la Verrerie, bâtiment construit en 1786 pour les cristalleries de la Reine, et réaménagé en 1905-09. Ca servait de centre de conférences, réception hôtellerie etc... l'argenterie au petit déj a beaucoup impressionné Mamomanamoi. Il y a aussi de belles photos sur le site de l'écomusée, mais elles ne sont pas copiables.
Clin d'oeil 5 : (ok, j'arrête et je vais vois un ophtalmo): regardez cette statue d'Eugène 2. Le trait ne vous dit rien? C'est normal. C'est juste qu'elle a été faite (scuptée, dessinée, réalisée? Y a-t-il un artiste dans la salle pour me renseigner?) par Paul Landowski, gloire locale de mon actuelle ville de Boulogne-Billancourt. Y'a une rue Marcel Sembat là-bas aussi (ce qui ne vaut pas un autre signe du destin artiste-villes, mais c'est pour un prochain billet).
Je me rends compte que j'ai abusé des apartés et des parenthèses, pardon, pardon, je ne le ferai plus.
Pour ceux qui en redemanderaient...
Je vous ai trouvé un super topo fait en 1998 par A. Compos et S. Gacon, profs d'histoire-géo locaux, et diffusé par l'académie de Dijon. Y'a Wikipedia, aussi, mais je vous conseille de passer outre l'aspect un peu "exposé" du topo suscité, parce que je l'ai lu et que c'est très très bien. (Message pour les copains profs: vous avez des classes de première en ce moment?). Et pour les passionnés que plus rien n'arrête, un article pondu par un L. Batsch, un dauphinois (de Paris IX), très axé sur les questions financières mais avec également une riche bibliographie.
mercredi 14 février 2007
Gâté!
Ca y est, le Gâté (comme on dit par chez moi) est arrivé! Souvenez-vous (faut suivre!) nous avions adoré la série des girafes et éléphants de Laurent, et nous lui avions comandé un tableau.
Ma maman à moi voulait offrir à son petit-fils un cadeau exceptionnel et qui dure toute la vie. Je m'étais bien creusé les méninges et avais finalement pensé à un Picasso. Et puis je me suis dit qu'il existait encore mieux: une oeuvre d'art exécutée rien que pour lui, dans la plus grande tradition (j'aurais dû me faire représenter en donatrice sur le côté, tiens!).
Laurent nous a soumis plusieurs croquis sur le thème du "Gâté", nous avons tous les deux flashé sur le même mouvement des deux bestioles. Mais on avait le choix:
ou
, mais il y en avait encore d'autres, toute une série, la contrainte avait inspiré l'artiste!
mardi 6 février 2007
Petit bonheur surprise
Lors du billet précédent je vous recommandais le site insecula.com. Conscience et curiosité m'ont poussée
à y faire un tour, et oh! un lien publicitaire pour une vidéo sur le Saint-Sébastien de Mantegna. Je vous la recommande, cette vidéo didactique, bien sûr, c'est sa raison d'être, est très bien faite, simple et synthétique, j'ai eu beaucoup de plaisir à la regarder.
D'ailleurs je précise que les photos de ce billet viennent de ce site. D'ailleurs, c'est marqué dessus (ils ont bien raison). Enfin un site avec des photos d'oeuvres d'art digne de ce nom!
J'adore Mantegna. Autant qu'Antonello de Messine. Ce qui n'est pas peu dire, je me suis quand même tapé un voyage en Sicile sous les auspice d'Antonello, un tour de l'île avec crochet de Reggio di Calabria pour contempler toutes ses oeuvres dans la région... vous voulez partir en vacances avec moi? Vous êtes sûrs...?
Pour en revenir à Mantegna... ah la salle de la National Gallery de Londres où voisinent les Christ au Jardin des Oliviers d'Andrea et de son beauf Bellini....
Dire que ces affreux ont piqué Antonello le secret de la peinture à l'huile qu'il était parti chercher en Flandres













