jeudi 14 juin 2007

Popol for ever!

Je vous avais demandé qui vous préfériez, de Rimbaud ou Verlaine. Je n'y connais rien, mais perso je préfère Rimbaud. Il est jeune, il est beau, il est bi sinon hétéro, il aime l'aventure, la vraie, il a assez de tripes pour assumer ses désirs... ah heu... bon? On parlait poésie, là?

Revenons à nos papillons...

J'avoue, si je préfère Rimbaud, c'est surtout parce que je le connais (un peu mieux) mieux, n'ayant jamais eu Verlaine au programme, je ne connais que ce songe étrange et pénétrant... J'avoue mon inculture et mon manque de curiosité (et mon esprit mal placé, parce que cette citation m'a toujours fait penser... je ne vous dirai pas, imaginez!). J'étale mon inculture et mon manque de curiosité.

Heureusement, Popol a des admiratrices dans la blogosphère (eh ho, les mecs! on cause pas chiffons, là! Manifestez vous!) qui m'ont envoyé un poème à partager. Merci à vous.

Voici celui de Sophie:

En route mauvaise troupe !
Partez, mes enfants perdus !
Ces loisirs vous étaient dus :
La Chimère tend sa croupe.

Partez, grimpés sur son dos,
Comme essaime un vol de rêves
D'un malade dans les brèves
Fleurs vagues de ses rideaux.

Ma main tiède qui s'agite
Faible encore, mais enfin
Sans fièvre, et qui ne palpite
Plus que d'un effort divin,

Ma main vous bénit, petites
Mouches de mes soleils noirs
Et de mes nuits blanches. Vites,
Partez, petits désespoirs,

Petits espoirs, douleurs, joies,
Que dès hier renia
Mon coeur quêtant d'autres proies
Allez, aegri, somnia

... et celui de Marion

Romances sans paroles, Ariettes oubliées II

Je devine, à travers un murmure,
Le contour subtil des voix anciennes
Et dans les lueurs musiciennes,
Amour pâle, une aurore future !

Et mon âme et mon coeur en délires
Ne sont plus qu'une éspèce d'oeil trouble
Où tremblote à travers un jour trouble
L'ariette hélas ! de toutes les lyres !

O mourir de cette mort seulette
Que s'en vont --cher amour qui t'épeures, --
Balançant jeunes et vieilles heures !
O mourir de cette escarpolette !

Pour les amateurs qui sont allés jusqu'au bout, puisque je suis exilée ici sans mes livres de littérature (j'ai embarqué dans cet appartement presque parisien mes livres d'histoire et d'art, déjà pas mal...), je vous propose de m'envoyer votre poème à vous que vous aimez par-dessus tout et qui vous réchauffe le coeur, le neurone en toutes circonstances. Rimes enfantines ou strophes précieuses, ce que vous voulez. Et ça s'adresse aux non blogueurs aussi...

Posté par dojam à 23:37 - - Commentaires [5] - Permalien [#]


Commentaires sur Popol for ever!

    Bon pour une fois que je vais pouvoir faire partager mes amours secrètes en poésie... c'est assez rare pour être noté... Bon je n'y connait pas grand chose mais je dirais que j'ai deux poèmes qui m'ont toujours plus du plus loins que je me souvienne...
    Dont un de Verlaine justement... mon rêve familier avec ces derniers vers
    "Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
    L'inflexion des voix chères qui se sont tues"

    Cependant pour moi the must, c'est le desdichado de gérard de Nerva... "je suis le ténébreux, le veuf l'inconsolé..."

    Je le connais par coeur je me le répète souvent pour ne pas l'oublier

    pfffffffff il est temps que ce com du longueur démusuré s'arrete ! :p

    Posté par Sarita, vendredi 15 juin 2007 à 00:30 | | Répondre
  • c'est vrai que Rimbaud avec sa figure d'ange est plus romantique, mais les vers de Verlaine réussissent à vivre sans le concours de leur auteur.
    en voici un poeme parmi d'autres dont j'aime la simplicité et la musicalité :

    Green

    Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches
    Et puis voici mon coeur qui ne bat que pour vous.
    Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches
    Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux.

    J'arrive tout couvert encore de rosée
    Que le vent du matin vient glacer à mon front.
    Souffrez que ma fatigue à vos pieds reposée
    Rêve des chers instants qui la délasseront.

    Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête
    Toute sonore encore de vos derniers baisers ;
    Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête,
    Et que je dorme un peu puisque vous reposez.

    Posté par tirui, vendredi 15 juin 2007 à 08:09 | | Répondre
  • Suis plutôt Verlaine aussi !

    Posté par Séverine, vendredi 15 juin 2007 à 12:00 | | Répondre
  • W.H. Auden

    juste pour toi, en anglais dans le texte parce que c'est beaucoup plus musical:

    Stop all the clocks, cut off the telephone,
    Prevent the dogs from barking with a juicy bone,
    Silence the pianos and with muffled drum
    Bring out the coffin,let the mourners come.

    Let aeroplanes circle moaning overhead
    Scribbling on the sky the message He Is Dead
    Put crêpe bows round the white necks of the public doves,
    Let the traffic policemenn wear black cotton gloves.

    He was my North, my South,my East and West,
    My working week and my sunday rest,
    My noon, my midnight,my talk,my song;
    I thought that love would last for ever: I was wrong.

    The stars are not wanted now;put out every one;
    Pack up the moon and dismantle the sun;
    Pour away the ocean and sweep up the wood;
    For nothing now can ever come to any good.

    Posté par capucineyao, vendredi 15 juin 2007 à 16:21 | | Répondre
  • Ben moi je suis plutôt Verlaine !!!! Au fait, tu as reçu mon colis ????

    Posté par La Rimule, vendredi 15 juin 2007 à 22:54 | | Répondre
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